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Qu'est-ce que la Blockchain ?

Incontestablement, le buzzword de l’année 2016, la Blockchain passionne certains qui y voient une révolution et en alarme d’autres qui prédisent la fin de l’état-nation par exemple. Mais qu’est-ce qu’exactement la Blockchain ?
La Blockchain est née en 2008 avec le Bitcoin*, on doit une des meilleures définitions à Blockchain France : “La blockchain est une technologie de stockage et de transmission d’informations, transparente, sécurisée, et fonctionnant sans organe central de contrôle.” Contrairement à Internet qui copie et propage l’information, la Blockchain permet donc de transférer de la valeur et de tracer le déplacement d’actifs.

Mais comment fonctionne-t-elle ?

Cette technologie pour fonctionner a besoin d’un réseau d’ordinateurs comprenant chacun une copie du registre (illustration de la Blockchain) qui est partagée entre les membres de ce même réseau (communauté). Ainsi, le registre peut être privé ou public et retient toutes les opérations que la communauté du réseau a effectuées. Chaque membre de la communauté possède une paire de clés, l'une publique son adresse et l'autre privée qui lui autorise à signer les opérations. Un échange de valeur décentralisé peut par la suite être opéré en toute confiance grâce à un procédé favorisant le consensus : les membres de la communauté du réseau aboutissent à un accord sur le statut final du registre. La vérification des opérations est donc accomplie par la communauté entière du réseau à partir de ce consensus. Pour arriver à ce résultat, le procédé le plus couramment utilisé est le protocole “Proof-of-work” popularisé par le Bitcoin.
Les membres de la communauté du réseau se décomposent en deux types d’acteurs selon l’aptitude qu’ils ont à agir sur les informations qu’ils échangent en toute indépendance, Il y a les “mineurs” et les “noeuds”. Les mineurs sont en compétition entre eux pour essayer de traiter les informations circulantes sur le réseau et qui demandent de nombreux calculs mathématiques. Quand un mineur pense avoir trouvé la solution, il l’a soumet aux noeuds responsables de la validation ou non du travail des mineurs. La confirmation du noeud entraîne l’incorporation en “blocs” des informations dans le registre. Chaque bloc formant ainsi une page du registre. Les blocs ainsi constitués s'imbriquent automatiquement de façon chronologique les uns aux autres pour former une “chaîne”. En créant un nouveau bloc, les noeuds verrouillent les informations qu’il contient tout en y incorporant les références du bloc précédent. C’est bien cette dernière opération qui rend la Blockchain infalsifiable puisque modifier un bloc impliquerait de modifier l’ensemble des blocs qui constituent la chaîne.
Donc chaque Blockchain est définie par les membres qui composent sa communauté, le type d’opérations qu'elle permet, la procédure qui y est choisie pour s’assurer que le consensus est honnête et son caractère privé ou public.

Vers un bouleversement du rôle des tiers de confiance et des intermédiaires

Ce protocole de gestion numérique préoccupe pour le moins les tiers de confiance et les intermédiaires traditionnels. Ces derniers, conscients de pouvoir être contournés dans une multitude d’usages craignent la capacité qu’a cette technologie à créer de la confiance entre deux parties jusque-là inconnues l’une de l’autre. Quid de l’impact sur l’organisation et le rôle des banques, des assureurs et autres notaires par exemple ? Sans faire de projections, on peut assurément affirmer que tous les secteurs qui intègreront cette technologie seront métamorphosés. En cela, la Blockchain outrepasse la révolution Internet car sa dimension peut lui permettre, en théorie, d’opérer directement sur des activités stratégiques centralisées et réglementées.

Quelles sont les limites actuelles de la Blockchain ?

La Blockchain est une technologie récente qui naturellement rencontre des limites liées à son fonctionnement singulier. Prenons le procédé qui participe au consensus indispensable à la constitution du registre, il nécessite beaucoup de temps et limite ainsi le volume des transactions. Certains établissements de paiements traitent plusieurs milliers de transactions par seconde quand le Bitcoin en traite une dizaine dans le même temps. La scalabilité (montée en charge tout en maintenant fonctionnalité et performance) prônée par certains semblerait donc à ce jour restreinte si l’on reste dans un réseau ouvert et public.
Autre limite, il est impossible à ce jour de pouvoir vérifier les nouveaux acteurs entrants pour les Blockchains publiques. Hors, c’est bien l’assemblage perpétuel de nouveaux blocs qui assure la sécurité des blocs précédents. Quid du développement d’une puissance de calculs émanant d’acteurs mal intentionnés ? Cette incapacité de contrôle pourrait également à terme engendrer des problématiques de surcharge du réseau.
Enfin, la base de données de la Blockchain est publique donc visible de tous. En cela la Blockchain est une vraie réponse au manque de transparence de certaines industries ou activités. Mais, ce qui est considérée par certains comme une avancée fantastique pour l’actuel besoin de transparence des consommateurs ou la lutte contre la corruption, ne le serait-elle pas au détriment de la protection et du respect d’une partie de la sphère privée ?
 
*monnaie cryptographique et système de paiement peer-to-peer inventé par Satoshi Nakamoto (pseudonyme)
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